MONET

L’art est au réalisme et au modèle conservateur lorsque Oscar Claude Monet (1840-1926)  y cherche sa place de peintre. Le cahier des charges des toiles est très lourd, précis, la spontanéité ou l’innovation n’y ont pas leur place.

C’est donc dans un esprit de rébellion et d’opposition qu’il bouscule les codes établis.

Ses toiles, ainsi que celles de ses pairs, sont alors moquées pour leur apparence d'esquisses inachevées. Quelques années plus tard, en 1874, le critique Louis Leroy reprend le mot “impression”, emprunté au titre d'une toile de Monet, pour railler cette nouvelle peinture. Le terme restera. L'impressionnisme est né.


Arrivé à Paris en 1859 sur les conseils d’Eugène Boudin, il connaît en 1866 ses premiers succès au Salon avec La Femme à la robe verte, dans laquelle pose Camille Doncieux, sa compagne.

En 1883, Monet s’installe à Giverny, un petit village normand. Là, il ne se contente pas de peindre la nature : il décide de la façonner. Passionné de jardinage, il transforme peu à peu son environnement. Dix ans plus tard, il acquiert une parcelle au-delà de la voie ferrée, détourne le Ru, un petit bras de l’Epte, et fait naître son fameux jardin d’eau, avec son pont japonais, ses saules pleureurs et, surtout, ses nymphéas.

Monet a d'abord créé son sujet dans le monde réel avant de le coucher sur la toile. Ce jardin est devenu son œuvre d'art vivante.

Peindre l'eau et les reflets est devenu pour Monet une quête sans fin, jusqu'à devenir presque obsessionnelle. Pendant des décennies, il s'obstine. Puis, lorsque sa vue commence à se troubler sous l'effet de la cataracte, cette quête prend une nouvelle dimension. Il peint les mêmes nénuphars à l'aube, à midi, sous la pluie, au crépuscule. Il ne cherche plus à peindre les fleurs elles-mêmes, mais l'espace entre l'eau, le ciel et la lumière.

Monet lui-même parle de ces recherches comme de « choses impossibles à faire » : l’herbe qui ondule, les reflets, l’eau en mouvement… Il écrit que c’est « admirable à voir, mais [...] à rendre fou de vouloir faire ça ! ». De cette obsession naîtront les monumentales toiles des Nymphéas, de véritables bains de couleurs et de sensations où le spectateur perd ses repères.

Transposer les Nymphéas sur du coton, pressé à la main ici à Albi, c'était notre façon de rendre hommage à cette obsession créative. Faire se rencontrer le XIXe siècle et la rue d'aujourd'hui.

(Découvrez dès maintenant les pièces du Drop 01 GIVERNY sur la boutique).


Précédent
Précédent

VAN GOGH